LIEVIN TRIATHLON INDOOR FESTIVAL : EM-BAL-LANT !

En organisant un événement aussi inédit (quatre jours d’épreuves, au beau milieu de l’hiver, en salle) et démesuré (des milliers de participants et de spectateurs, un habillage de scènes moquettées du plus bel effet, du spectacle à go-go, un live s’appuyant sur 7 caméras sur les réseaux sociaux, des watts en veux-tu en voilà avec un DJ et 3 speakers), Laurent Szewczk et Laurent Philippe (alias les deux Lolo) avaient fait un pari audacieux. Certains les auront même à coup sûr taxés de fous ! Une folie sans cesse assumée et un pari totalement réussi. Qui a reçu les louanges sans réserves des Présidents de l’ITU et de l’ETU (Marisol Casado et Renato Bertrandi) et des spécialistes du monde du triathlon présents samedi. Et donnera à coup sûr des regrets à ceux qui, dubitatifs, n’avaient pas fait le déplacement.

IM-PRES-SION-NANT

Le triathlon n’étant pas le football, les acteurs, en l’occurrence les triathlètes donc, n’ont pas l’habitude d’évoluer aussi près du public, en contact permanent avec celui-ci. Appel individuel, défilé devant la tribune principale, ambiance disc-jockey et chaud public tout autour de l’anneau de 200 mètres : voilà des conditions de course totalement inédites. Qui auront provoqué une poussée d’adrénaline chez certains athlètes, mais sans aucun doute aussi paralysé d’autres. On pense en particulier aux plus jeunes, qu’il s’agisse des licenciés qui ont couru samedi, mais aussi des scolaires qui avaient ouvert le bal de mercredi à vendredi. Mais, même chez nos athlètes adultes régionaux aguerris, certains avaient le visage plus fermé qu’à l’habitude…

SAI-SIS-SANT

Un autre élément a pu altérer les ardeurs de certains : la température de l’eau. C’est que ça prend du temps de chauffer une piscine de 25×15 mètres, installée tout spécialement au centre du stade pour l’occasion. La température samedi matin tournait autour de 22°, sans doute a-t-elle gagné au moins un degré supplémentaire grâce au brassage de l’eau par tous les athlètes qui se sont succédés et à la présence des quelque 3 000 spectateurs qui ont pris place pour vivre une exceptionnelle soirée. Mais lorsque, en milieu de semaine, les pitchouns ont sauté dans une eau à 17-18°, ce fut un concours de grimaces !

E-TOUR-DIS-SANT

Avec des départs donnés à un rythme effréné (parfois toutes les 5 minutes !) et des athlètes qui, toute la journée, tournent à la vitesse de TGV sur une piste de 200 mètres, il y avait de quoi avoir la tête qui tourne (elle aussi !). De quoi rappeler de lointains souvenirs de tours de chenille endiablés (aux plus anciens) ou de grand huit (aux autres !). Grâce à une excellente organisation et coordination entre les différentes parties prenantes, le timing a été respecté chaque jour. Un véritable exploit qui mérite d’être salué !

EN-I-VRANT

L’ambiance a, comme espéré, été au rendez-vous en permanence. Avec des nuances. Mercredi, pour le Championnat Académique UNSS, les jeunes acteurs ont pu compter sur leurs camarades de collèges et lycées. Jeudi et vendredi, de la même façon, les jeunes des écoles primaires de l’agglomération ont eux aussi, dans un sympathique esprit d’émulation, fait vibrer les gradins. Samedi, les paratriathlètes ont eu droit à des applaudissements incessants du public du début à la fin de leur prestation. Enfin, c’est lorsque les athlètes de l’élite française furent à la bagarre lors des différents tours de Coupe d’Europe que le nombre de décibels explosa littéralement.

DI-VER-TIS-SANT

Accueillir une manche de Coupe d’Europe ETU dans la région, qui plus est en formule indoor, constituait déjà en soi une réussite. Mais, dans la tête des organisateurs, applaudir comme à Dunkerque les Pierre Le Corre, Anthony Pujades, Raoul Shaw, Sandra Dodet, Justine Guérard, Margot Garabedian et une flopée d’athlètes européens déjà confirmés ou prometteurs ne suffisait pas. Il fallait que l’événement propose quelque chose de totalement nouveau. Entrée solennelle et scénarisée des athlètes, intermèdes « happenings » de nature variée, éclairages dignes de grandes salles de spectacles, disc-jockey aux platines, etc. : tout avait été prévu pour transformer des épreuves de triathlon en un grand show permanent.

RAS-SU-RANT ET E-PA-TANT

Avec des athlètes pour la plupart sans expérience de la piste et de ses virages relevés, on aurait pu craindre chutes et blessures. D’ailleurs, des athlètes de haut niveau nous ont confié qu’ils connaissaient tous des personnes qui n’avaient pas pris le « risque » de venir à Liévin. Il n’en fut rien : les chutes furent très peu nombreuses et sans gravité. Cela prouve que ces athlètes sont des artistes. Et pour ceux qui ont tendance à prétendre que les filles ne savent rouler sur un vélo, elles n’ont pas hésité à se lancer à belle allure et nous ont offert des courses aussi rythmées qu’indécises.

OOOOPS !

Il y aurait tellement de choses à dire sur ce LIEVIN TRIATHLON INDOOR FESTIVAL que j’allais oublier de parler compétitions et résultats !

Le Championnat Académique en catégorie Lycées a été gagné par Henri Darras (Liévin) devant Alexandre Ribot (Saint-Omer) et Sophie Berthelot (Calais). En catégorie Collèges, stupeur et déception à l’arrivée pour Jean Vilar (Angres), non classé pour ne pas avoir respecté l’obligation d’aligner 2 filles et 2 garçons (il y avait 3 filles !). C’est Louis Blériot (Sangatte) qui hérite de la victoire, devant François Mitterrand (Thérouanne) et Pierre Mendès France (Arques).

En Open, chez les 10-13 ans, victoires des Liévinois Hippolyte Lacroix et Emily Trinel.

Chez les 6-9, Timothé Vandermesse (Lomme) et Romane Pouille (COT) ont brillé devant des tribunes pleines. Quel souvenir !

Les salariés d’entreprises ont également disputé un challenge. Félicitations aux athlètes (le terme n’est pas usurpé) de Cora Lens 2.

En Open adultes, c’est sous ses nouvelles couleurs des Tritons Meldois que Kevin Callebout (ex TL 59 puis Gravelines) s’est imposé, tandis que chez les filles, Raphaëlle Lucas (pas encore 15 ans, Lys Calais) nous a une fois de plus tous bluffés !

Enfin, 4 athlètes régionaux ont eu le courage de s’aligner en Coupe d’Europe et de porter la trifonction de l’équipe de France pour la première fois. Elsa Notebaert et Léa Richard (Liévin), tout comme Simon Duwat (COT) auront acquis de l’expérience au contact d’thlètes de haut niveau. Seul Antoine Legout, ex Baie-de-Somme et néo-Liévinois, a réussi à tirer son épingle du jeu en se classant 7ème au stade des demi-finales.

ET APRES ?

Lorsqu’une nouvelle série a plu, on espère impatiemment qu’il y aura une saison 2. Ce devrait être le cas. Laurent Duporge, Maire de la ville de Liévin, n’a-t-il pas affirmé avec enthousiasme : « Liévin est connue pour son Meeting d’Athlétisme, je souhaite que la ville soit également connue pour son Triathlon Indoor ! ». Et comme les organisateurs du TC Liévin ont brillamment démontré que leur projet était beau et viable, pourquoi ne repartiraient-ils pas ? Reste à savoir quel type de format ou label encore un peu plus original ils vont nous proposer…

Eric Cattiaux

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Photos et compte-rendu sur https://europe.triathlon.org/news/article/a_golden_evening_chez_les_chtis?fbclid=IwAR3g3zBpcoIROI9eBECES128eymYYiJ2vfQ8ufgGQmjzHr0hfczFwh9E37Y

Un résumé de 26 minutes sera diffusé sur la chaîne L’EQUIPE prochainement. Surveillez vos programmes télé !