Le Bal du Chat Noir à Dunkerque

Le chat noir, expression utilisée lorsque le mauvais sort semble s’acharner sur vous, avait pas mal traîné du côté de Liévin ces dernières années. Sans lister toutes les turbulences enregistrées par notre club régional en Grand Prix, en D2 puis en D1, on se remémorera surtout le projet D1 basé autour de Laurent Vidal…

Mais, depuis quelque temps, le club avait été épargné, et les deux Laurent, Szewczyk et Philippe, se disaient que la roue avait tourné et que le chat noir était parti. Naaan ! Il est revenu, l’animal ! Cela a commencé le week-end dernier, avec la camionnette du club qui est tombée en panne à Besançon où les filles disputaient leur manche de D2. Cela n’a pas eu d’impact sur le résultat sportif, puisque les filles ont gagné, mais l’emploi du temps largement perturbé avait amené sa dose de stress. Ce n’était qu’un début. Un petit coup de patte. Avant que le perfide félin ne sorte ses menaçantes griffes à répétition. Alors que, secrètement, les Liévinois rêvaient de frapper un grand coup sur leur étape régionale et que les conditions semblaient réunies avec un effectif de rêve, voilà qu’on apprend en cours de semaine que Brandon Copeland, la recrue australienne, 6ème à Paris avec Rouen l’an dernier, était victime d’une intoxication alimentaire. Ca ne vous rappelle rien ? Richard Varga à l’hôpital un an plus tôt alors qu’il devait faire ses grands débuts à Dunkerque ?

Il y eut le déroulement de la course ensuite. En natation, Raoul Shaw sort premier et part dans un groupe royal et classique composé de trois Pisciacais (Anthony Pujades, Aurélien Raphaël et Antoine Duval) et d’un Montois, le futur vainqueur, Léo Bergère. C’est correct pour Alois Knabl (6ème) et Andrea Salvisberg (25ème) qui se retrouvent dans le groupe de chasse. C’est en revanche moins bien pour Raphaël Montoya 39ème. Alors que le groupe de tête roule bon train et qu’on se dit que Raoul au pire fera 5ème, « le grand » s’arrête dès le premier tour, incapable de suivre le rythme à cause d’un disque défectueux. C’en est fini des chances de Liévin. Raphaël Montoya relégué dans le 2ème pack de chasse à 1 minute du 1er ne pourra jamais, c’est sûr, jouer un rôle majeur. D’autant que, pour ne rien arranger, David Castro (appelé à la rescousse pour remplacer l’Australien), blessé sur chute la veille en Espagne, a du mal à tenir le guidon avec ses mains blessées et des courbatures un peu partout et met lui aussi le clignotant. La cata s’annonce !

Et vint la course à pied

La suite ressemble à un final qu’on n’aurait osé imaginer. Les Liévinois, en effet, ne nous ont pas habitués à des courses à pied tonitruantes. Du moins, pas tous en même temps. Et, comme si les Liévinois voulaient contrer le mauvais sort et en donner encore un peu plus dans l’effort pédestre, ils vont performer et venir échouer au pied du podium.  Le premier à franchir la ligne sera Andrea Salvisberg, en 11ème position, avec le 12ème temps. Le deuxième, quelle surprise, sera Raphaël Montoya. Non pas qu’on doute des qualités pédestres de la recrue française de l’année (c’est même, des trois disciplines, son point fort), mais le miracle vient du fait qu’il a remonté 22 places sur 5 km, enregistrant le 3ème meilleur chrono. Quant à Alois Knabl, il arrivera en 19ème position.

Alors, tout compte fait, on se dit que Liévin n’a pas si mal réussi son étape à la maison. Certes, l’équipe aurait dû se trouver sur le podium, comme elle l’avait fait à Châteauroux. Mais finir 4ème, au vu des circonstances évoquées et du niveau de celles qui la précèdent, apparaît finalement comme un résultat plutôt positif. C’est même la meilleure performance enregistrée à ce jour, puisque le club s’était classé 5ème puis 6ème les deux années précédentes. Bilan après deux étapes : Liévin rétrograde au 4ème rang, mais à seulement 1 point de Montpellier et 4 des Sables Vendée, tandis que Poissy se détache en tête.

Il reste trois étapes à disputer, la prochaine à Muret (près de Toulouse) le 28 juillet. Tout reste possible. Si le chat veut bien aller voir ailleurs !

Kéké tient sa victoire à Dunkerque

Trois hommes allaient dominer l’épreuve Open, disputée elle aussi sur format S. Emmanuel Renard (TC Montreuillois), Lucas Miserole (COT) et Kévin Callebout (Tritons Meldois). Selon un scenario attendu, le premier cité sortait en tête après la natation et son objectif dès lors était d’essayer de creuser l’écart avant la course à pied où il se sait moins rapide. Mais il n’y parvint pas. Lucas revint sur Kévin, puis les deux roulèrent ensemble et se rapprochèrent au point de rejoindre Manu dans l’ultime boucle. La lutte pour la victoire fut intense et belle. Kévin mit la pression à la transition, mais Lucas fit l’effort de revenir rapidement à hauteur. Ils coururent côte à côte, avant que Kévin ne place l’accélération décisive dans les derniers hectomètres. Il était absolument ravi à l’arrivée. Deuxième l’an dernier, il avait tellement envie de gagner chez lui à Dunkerque !

Chez les filles, Joséphine Delvincourt (Lys Calais) avait elle aussi tout lieu d’être heureuse. Tout ne fut pas simple au début, la natation étant son point faible, mais ensuite, elle domina largement sur le vélo et à pied. Au point de conclure l’affaire avec une avance confortable sur Manon Talazac (Valenciennes) et Johanna Turbiez (Hénin Endurance). Voilà une belle série commencée par 2 troisièmes places à Quend-Plage et Fourmies (avec victoire par équipe en demi-finale nationale) et donc cette première victoire individuelle. Qui devrait en appeler d’autres, que ce soit en triathlon ou en duathlon…

Eric Cattiaux

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