Victoire historique des Calaisiennes à Willgottheim

La petite commune alsacienne de Willgottheim et ses parcours particulièrement sélectifs ont accueilli ce dimanche la 3ème étape de D1 et la 2ème de D2 de Duathlon.

Deux grandes performances, l’une collective, l’autre individuelle, ont fait vibrer les supporters des clubs des Hauts-de-France…

Dur de réunir 5 athlètes

5 athlètes par club, ce n’est pas une obligation, mais une autorisation – et la norme. En rappelant que le classement s’effectue sur les trois meilleurs à l’arrivée, en avoir cinq c’est l’assurance tous risques, avec quatre, on dispose d’un joker, avec trois, il ne faut surtout pas que l’un deux se blesse, connaisse un problème mécanique ou se fasse disqualifier.

Cela, tous les coachs en sont bien conscients. Mais les stats démontrent que cela devient compliqué de trouver cinq athlètes, même en Division 1. Chez les femmes, six clubs ont aligné quatre éléments et quatre en ont aligné trois. Chez les hommes, trois clubs ont réuni quatre éléments et trois autres seulement trois. Et si parfois ça passe, parfois ça casse. Maxime Bargetto a crevé à vélo, Ugo Levaux a cassé sa chaîne. Résultat : leurs clubs respectifs, La Rochelle et Lys Calais marquent 2 petits points pour avoir fini à deux. Le Belge, qui faisait là sa première apparition sous le maillot calaisien, n’aurait certes pas pu jouer un rôle prépondérant, comme le démontre son 68ème rang à l’issue de la première course à pied. Mais avec les belles 12ème et 21ème places d’Antoine Viertaix et Antoine Reul, le club aurait pu engranger environ 6 points de plus. La réalité est qu’il ne compte plus qu’un point d’avance sur Rennes et Mulhouse au général et que ça va être tendu !

Noyon retrouve le podium

En raison d’un effectif amoindri, le club isérien a dû revoir ses ambitions à la baisse dès la première étape. Même s’il est toujours privé de son leader Emile Blondel-Hermant (fracture de fatigue), avec l’apport du champion du Monde 2024 Javier Martin, le club avait cette fois les dents plus longues. Cela se vit d’entrée de jeu, avec Etienne Nancel et Mael Sicot qui débordaient par les côtés pour se replacer en tête de la première càp et en faire souffrir certains. Même si cela ne dura qu’un temps, la constante bonne position de Javier et la capacité des quatre autres à s’accrocher plaça le club en capacité de jouer le podium avec cinq autres. La 2ème càp allait donc les départager aux points. Malgré la petite déception de la 10ème place de Javier (il était 4ème en sortie de T2), Paul Kraemer et Théo Péan ont bien fini (15ème et 17ème). Insuffisant pour lutter avec Meaux et un étonnant EHBT (champion de D2 l’an passé), mais de nature à assurer une 3ème place sur le podium face à des clubs majeurs comme Gonfreville, Metz ou Evreux. La même 3ème place qu’en 2025, ce qui semble démontrer que le parcours très particulier de Willgottheim (voir plus loin) leur convient bien. 15ème après la 1ère étape, 11ème après la 2ème, Noyon remonte désormais au 7ème rang et s’est rapproché de Palaiseau et Metz.

(De g à dr) : Mael Sicot, Etienne Nancel, Javier Martin, Paul Kraemer, ThéoPéan

Exploit des filles de Lys Calais

Certes, l’effectif calaisien, qui a pu compter cette fois sur le duo britannique Charlotte Alexander – Rachel Brown, était de nature à nous rendre optimistes quant à sa capacité à jouer le podium. Mais de là, après les 12ème et 11ème places sur les deux premières manches, à envisager une victoire, la première dans l’histoire du club, qui l’eût cru ?

Cette victoire a été obtenue à la faveur d’une vraie course d’équipe. Un peu en retrait par rapport à Charlotte et Jeanne Cucheval à l’issue de la première càp, Rachel fit parler ses qualités à vélo pour revenir sur ses équipières. Ensuite, intelligemment, elles allaient rouler constamment ensemble, et même courir ensemble. Au final, Charlotte est 7ème, Rachel 8ème et Jeanne 9ème (1er top 10 pour cette dernière).  Elles devancent les habituels épouvantails de La Grande Motte (malgré deux filles sur le podium) et de Châteauroux (moins d’étrangères cette fois-ci) de 4 et 6 places.

La courses des filles du COT fut à l’opposé : il y en avait un peu partout ! Capucine Rolin, qui a décidé d’axer sa saison principalement sur les compétitions de course à pied,  signa son retour au duathlon d’une satisfaisante 12ème place individuelle. Mais le reste de l’effectif, 100% régional et sans Maelis (qui sera également peu présente cette année), ne fut logiquement pas en mesure de suivre le train des meilleures. Une 10ème place à l’étape constitue donc un résultat satisfaisant.

Les Gravelinoises n’ont pas été aussi en vue que d’habitude. 4ème, 5ème, 7ème : telle est la succession des places obtenues par le club sur les trois premières étapes. Quand on vit Clara Jobbin et Margaux Bontant lâcher prise dès la première càp, on comprit que le parcours n’était pas spécialement à leur convenance et que ce ne serait pas une grande journée. La meilleure à l’arrivée sera encore une fois Clara, 15ème. Pas de top 10, donc, cette fois !

Au général, l’opération du jour est évidemment pour les Calaisiennes qui font un bond prodigieux de la 13ème à la 6ème place. Les Audomaroises sont toujours 15èmes mais ont nettement réduit l’écart : 3 points sur le premier non relégable. Les Gravelinoises conservent leur 5ème rang mais, vous l’aurez compris, voient leur retard augmenter.

Thomas, Emma, Dorian

Thomas Gillodts avait fait un numéro retentissant à Gravelines. Il a été imité à Willgottheim par les Strasbourgeois Emma Wasser et Dorian Muller qui sont rapidement partis en solo sur le vélo.  A croire que rouler à la maison donne des ailes ! Autre explication possible à ces victoires décrochées à vélo : les circonstances de course. Dans le Nord, Thomas avait bénéficié du format multi-enchaînement qui rend regroupements et organisation d’équipe plus compliqués. Dans le Bas-Rhin, ce sont les parcours en montagnes russes qui ont favorisé les prises d’initiative des costauds et éliminé ceux qui n’étaient pas en forme optimale. Quel chantier : avec un départ en montée, dès la première càp, auquel on ajoute une chaleur assez lourde, certain(e)s tiraient déjà une langue longue comme ça après quelques minutes de course ! Et que dire du mur qui s’est présenté à trois reprises aux yeux et aux jambes des duathlètes sur le circuit vélo !

Bref, on est heureux de voir que le duathlon ne se gagne pas automatiquement à pied et que la diversité des parcours et formats de course est susceptible de rebattre les cartes.

Arthur au top – ou presque !

La meilleure performance individuelle nous vient de la D2 masculine et elle est signée Arthur Mahieux (COT) qui se classe 2ème. On le savait en bonne forme, et en plus, il a bien joué le coup : derrière le Nazairien Elie Combat qui avait rapidement pris lui aussi la poudre d’escampette, Arthur est sorti dans la dernière bosse du groupe dans lequel il a toujours été présent pour aller cueillir sa meilleure position individuelle à ce jour au niveau national.

Le club se classe 5ème, suivi de Beauvais 8ème emmené par Charles Franckaert 16ème. Au général, à mi-championnat, le COT perd sa 4ème place au profit de Pontivy, mais pas son ambition de podium, et Beauvais, a contrario, gagne une place : 7ème.

Arthur (le plus à gauche) est ravi de sa performance individuelle

Prochain épisode dans à peine deux semaines déjà à Saint-Grégoire (Ille-et-Vilaine). Avec, on s’en doute, une Entente Haute-Bretagne Triathlon plus confiante que jamais !

Eric Cattiaux

Remarque : les classements généraux n’ayant pas été mis en ligne, merci de ne pas me tenir rigueur d’une éventuelle erreur dans mes calculs !

Classements sur https://sporkrono.fr/courses/922431531/duathlon-du-kochersberg/

Live à voir ou à revoir sur https://www.youtube.com/watch?v=lf1zFBmUZfI&t=529s

Photos FFTRI/Drafting/Priscillia Munch

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