Liévin et Lys Calais changent de cap

Elles en ont rêvé, elles l’ont fait ! Après avoir remporté la demi-finale à Fourmies le 8 juin dernier, les filles du Lys Calais Triathlon ont tout aussi brillamment gagné la finale de D3 à Saint-Pierre-d’Albigny. C’est donc auréolées d’un titre de championnes de France qu’elles évolueront donc pour la première fois de leur histoire en D2 de Triathlon en 2020. Elles y prendront la place laissée libre par les Liévinoises qui, quant à elles, malgré une assez modeste 6ème place en finale, remportent le bronze à défaut d’or et accèdent à la prestigieuse D1. Une autre grande première, bien évidemment !

Un double bonheur pour nos couleurs régionales qui méritait bien qu’on réalise une interview croisée de deux hommes aux anges, Laurent Szewczyk et Kellig Poutrain.

La montée constituait-elle un objectif en début de saison ?

LS : Oui, l’objectif je l’avais déjà avant et certaines filles l’avaient également depuis quelque temps. Il y a eu des opportunités en matière de recrutement, elles ont été conclues, et l’objectif a pu être atteint.

KP : on l’avait dans un coin de la tête depuis déjà l’an passé, mais, sans connaître les adversaires, impossible de savoir si l’objectif était réalisable. Et puis, la confiance est venue de notre victoire à Fourmies malgré l’absence de Raphaëlle Lucas.

Quel pourcentage de chances de montée vous donniez-vous avant la finale ?

LS : 75%. J’étais mesuré dans ma confiance car, d’abord, nous avons aligné l’équipe la moins forte de la saison, du fait que nos recrues étaient retenues sur des compétitions comme le Championnat du Monde à Lausanne ou encore les Jeux Méditerranéens, ensuite parce qu’en sortie immédiate de coupure estivale, on se pose toujours la question : le niveau d’entraînement et de motivation des athlètes sera-t-il identique à celui de première partie de saison ?

KP : je dirais 60%, encore une fois encouragés par notre demi-finale, mais sans savoir quelles seraient les forces des autres clubs, tout juste connaissait-on quelques individualités.

Quelles émotions avez-vous connues durant la finale ?

LS : j’étais en stress total. Je suivais le live sur le site du chronométreur, je téléphonais au coach sur place en permanence. J’avais calculé qu’il fallait se classer au pire 7ème, et, comme le classement était bouleversé en permanence, je suis passé par tous les états !

KP : tout s’est passé comme espéré. Rebecca Lucas et Aubane Poutrain nous mettent sur les rails en natation, puis arrivent Julie Desfontaines et Sophie Caron. Une petite inquiétude en voyant Joséphine Delvincourt assez loin, mais malgré tout, on est 3ème et dans le coup. Sur un parcours vélo exigeant, nos filles sont fortes et, comme prévu, Joséphine remonte. Comme à Fourmies, on est en nombre devant et on est toujours 3ème à T2. A la fin du 1er tour vélo, on passe 2ème, on donne l’information aux filles pour les booster, elles donnent tout, Sophie finit fort, Joséphine est juste derrière et on gagne !

Avez-vous déjà fêté cette montée ou préparez-vous quelque chose de spécial ?

LS : les filles l’ont fêtée pendant le trajet retour, mais de façon soft. Je crois que je vais devoir prévoir une « vraie » célébration avec filles et garçons en fin de saison, après La Baule.

KP : on a bu un coup, mais on se fera un restau avec le Président à son retour de vacances.

Quelles ont été les forces et faiblesses de l’équipe cette année ?

LS : les forces ont été la disponibilité des filles et le cap passé par des jeunes comme Léa Richard et Elsa Notebaert ; le point faible a été que les hasards des calandriers et des sélections nationales nous ont coûté le titre, on n’a pas pu conclure la saison en beauté, c’est là le seul regret.

KP : la force vient d’un groupe qui s’est constitué au fil des séances d’entraînement et des compétitions ; la faiblesse réside dans la jeunesse et le manque d’expérience. Paradoxalement, les jeunes ont acquis plus d’expérience en compétition que nos deux « anciennes » !

En changeant de division , vous attendez-vous à un écart de niveau que vous qualifieriez de non négligeable, important ou énorme ?

LS: l’expérience avec l’équipe masculine nous a clairement montré que l’écart entre la D2 et la D1 est énorme. A ceci près qu’en D1 féminine, s’il y a des clubs qui nous seront largement supérieurs, il y aura moyen de lutter avec ceux de deuxième partie de classement.

KP : sur ce que j’ai vu de la finale de D2 je ne pense pas que la différence de niveau soit énorme.

Allez-vous recruter pour être plus fort ?

LS : c’est clair, je commence déjà à prendre des contacts en France et à l’étranger pour compléter l’ossature actuelle ; quant à savoir si on va recruter pour se maintenir ou avec des objectifs plus ambitieux, cela dépendra du budget disponible.

KP : non, on va récupérer Raphaëlle Lucas, on va aussi intégrer Jade Aigouy et Zia Pille-Yard (trois filles nées en 2004),  on devrait avoir un effectif suffisamment large pour disputer la D1 de Duathlon et la D2 de Triathlon, avec certaines qui peuvent évoluer dans les deux disciplines et d’autres qui sont des pures duathlètes.

Les autres clubs participant aux finales de D3 ont été un peu moins en vue. Le COT a pris une satisfaisante  6ème place chez les garçons (avec un excellent Simon Duwat 9ème). Gravelines s’est classé seulement 11ème chez les garçons et 15ème chez les filles mais se consolera en apprenant que le duo Antoine Pérel – Olivier Lyoen s’est classé le même jour 4ème aux Championnats du Monde de Paratriathlon à Lausanne.

Les filles de Liévin accèdent pour la première fois à la D1 de Triathlon
Les filles du Lys Calais Triathlon montent en D2 de Triathlon


Propos recueillis par Eric Cattiaux

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