Liévin est magique

Victoire inédite d’une jeune athlète de Lys Calais Triathlon en Open

Les séries qualificatives de l’open ont vu des affrontements fraternels assez sympathiques. Avec chez les filles Rebecca et Raphaëlle Lucas et chez les garçons Emmanuel et Vincent Louchaert. Vous souvenez-vous de ce dernier ? Aux Championnats du Monde de Duathlon à Calais en l’an 2000, il a été médaillé d’or par équipe chez les juniors. L’année suivante a confirmé ses belles dispositions puisqu’il a obtenu la même distinction à Rimini (Italie) après avoir été vice-champion d’Europe par équipe à Carlsbad (République Tchèque) et 4ème des France en triathlon. Licencié au club du Touquet à ses débuts, il passa par Mulhouse et Montluçon avant de signer à Liévin en 2008. Plus tard, il migrera vers Albi où il réside aujourd’hui. Les Louchaert ont atteint les demi-finales, Manu se classant 13ème et Vincent 21ème (en nous ayant démontré une fois de plus que tous deux étaient d’excellents nageurs). Chez les Lucas, Rebecca s’est classée 10ème d’une finale que sa sœur cadette n’a pu atteindre.

Frères LOUCHAERT Liévin
Les frangins réunis en compétition

Qui sont les lauréats cette année ? Sur ces distances ultra-courtes et rapides, avec au programme aquathlon en qualifs et demi puis triathlon en finale, les jeunes ont bien sûr brillé. Si Antoine Viertaix (Lys Calais) a confirmé sa victoire en duathlon à La Longueville deux semaines plus tôt, Jeanne Cucheval (Lys Calais également) signe à 17 ans un premier succès retentissant.

Lys Calais Triathlon a raflé la mise en Open

La soirée

Comme lors des éditions précédentes (en 2019 et 2022), les organisateurs avaient mis les petits plats dans les grands : vidéo retraçant des moments épiques du triathlon national et international avec un hommage à Laurent Vidal en fil rouge et une spéciale TCL en Grand Prix, danseuses réparties tout autour de la piste et breakdancers au bord du bassin de natation, deux batteurs (nommés Szewczyk, Marek ayant imité son grand frère Victor), groupe de batucada, DJ, sono qui crache du gros son, trois animateurs, des lumières et des couleurs partout, des flammes, des étincelles, … : on a en pris plein la vue et les oreilles. Un parfait mariage du sport et du spectacle qui ne peut que valoriser le triathlon et amener de nouveaux fans.

Cette année, Marek (à droite) a rejoint son grand frère Victor aux batteries

Le niveau du plateau de cette Coupe du Monde

Avec 12 athlètes masculins et 15 féminines membres du Top 100 au ranking de la Coupe du Monde, on peut être satisfait du niveau global. Parmi les très grands noms que nous avons eu la chance d’accueillir à l’Arena, citons :

 Georgia Taylor Brown (GB) : 5ème mondiale, vice-championne du Monde 2022

Laura Lindemann (All) : 12ème mondiale, 3ème du Test Event des JO de Paris en 2023  et vice-championne d’Europe 2022

Gwen Jorgensen (USA) : 23ème mondiale, championne du Monde en 2014 et 2015 et championne olympique aux Jeux de Rio en 2016

Tim Hellwig (All) : 8ème Mondial, vice-champion du Monde U23 en 2021

Csongor Lehmann (Hon) : 9ème mondial, champion du Monde U23 en 2020

Vincent Luis (Fra) : 82ème mondial, champion du Monde 2019 et 2020

Et ceux-là ne sont pas venus pour honorer l’épreuve de leur présence mais bien pour animer et tenter de gagner l’épreuve :

Laura 1ère, Georgia 2ème, Gwen 3ème

Vincent 2ème, Csongor 4ème, Tim 5ème

Chez les dames, Laura Lindemann a fait des étincelles !

Beaucoup de Liévinois présents en Élite

Les athlètes français et étrangers évoluant en D1 sont venus nombreux participer à l’événement organisé par leur club. Chez les femmes on a vu Gina Sereno (USA), Sara Guerrero Manso (Esp) et Emma Ducreux ; l’attraction Taylor Spivey (USA), 4ème au classement mondial, qui a donné son accord pour être Liévinoise en 2024, a malheureusement dû déclarer forfait pour des raisons de santé au dernier moment. Chez les hommes, on a vu Yanis Seguin, le populaire Hugo Winock et Harry Leleu (GB). Mais aussi l’autre grosse signature de cette saison : Tim Hellwig (All), n° 8 mondial.

Les mieux classés ? Sara, 3ème de la finale B, et Tim, 5ème de la finale A.

Harry, Sara et Tim (le nouveau) : trois pays, un club

Un format propice au spectacle

On rappelle qu’il s’agissait, pour les épreuves de Coupe du Monde, d’enchaîner 150 m de natation, 3 km de vélo et 1km de course à pied avec un système de séries qualificatives, repêchages, demi-finales et finales. Un format déjà initié en Coupe d’Europe mais retenu pour la première fois en Coupe du Monde. Au Triathlon Club Liévin, on sait innover et convaincre la Fédération Internationale de le suivre !

Dans la mesure où natation et vélo ne permettent pas de faire de vraie différence, nous avons eu droit à des courses à pied d’anthologie, disputées devant un public en fusion qui permet aux athlètes de se dépasser. Plusieurs athlètes nous ont épatés par leur capacité à bouleverser les classements en réalisant un gros finish. Une nous a tenus en haleine plus que tout(e) autre : Gwen Jorgensen. Dotée depuis toujours de capacités à pied hors normes et malgré son âge (presque 38 ans), elle a su, à chaque fois, compenser un mauvais placement après le vélo par des remontées ahurissantes. Et ce jusque dans la grande finale où elle a remonté les athlètes qui la précédaient une à une. Alors qu’elle avait dû chasser sur 12 des 15 tours vélo pour recoller au cul du pack, qu’elle était sortie de T2 en dernière position, et alors même que personne ne l’imaginait être en mesure de boucher le trou la séparant du trio de tête, elle sut encore combler l’écart et venir chiper la médaille de bronze à Léonie Périault dans un finish à quatre d’anthologie.

Voilà, c’est ça la magie de l’indoor à Liévin : un public qui pousse et des athlètes qui réalisent des choses incroyables !

Seguin
Yanis Seguin a lui aussi effectué de belles "remontadas"

Même les athlètes adorent

Cette ambiance unique en son genre, les athlètes adorent et, interrogés à l’arrivée, les principaux acteurs le disent.

Linda Lindemann (1ère) : « J’ai adoré l’ambiance ici. C’est le genre d’épreuve dont nous les athlètes avons besoin, avec les amis et supporters si proches de nous qui nous encouragent »

Gwen Jorgensen (3ème) : « C’était vraiment fun, avec tous ces gens, c’est vraiment génial. J’aimerais que ce format soit proposé plus souvent »

Vetle Thorn (1er) : « Quel endroit pour remporter cette victoire ! C’est probablement le public le plus dingue que j’aie jamais vu. C’est incroyable ici »

Vincent Luis (2ème) : « Tous ceux qui ont couru ici n’auront que de bons souvenirs. L’accueil des gens du Nord est si chaleureux, j’ai été ravi de revenir. Cela aura été ma dernière apparition ici, donc ça a été une belle façon de faire mes adieux » (ndlr : il va à l’avenir se consacrer au long).

Et la suite ?

On en redemande, forcément. Mais c’est énormément de travail à fournir, de temps à consacrer, de budget à rassembler et il est donc difficile d’imaginer l’organisation d’un tel événement chaque année.  Laissons le moment de la fin à Laurent Szewczyk, Président du TC Liévin :

« On a atteint ce qu’on voulait atteindre. Dans l’animation, la qualité de la cérémonie d’ouverture, la visibilité à la télévision et les réseaux sociaux et le plateau d’athlètes, qui aurait d’ailleurs été encore plus exceptionnel si certains n’étaient pas tombés malades à Hong Kong une semaine plus tôt. Je tiens à souligner que je suis enchanté par le dévouement de tous ces bénévoles qui ont répondu présents et rempli leurs rôles avec le sourire. La suite donnée à cette Coupe du Monde Indoor ? On a montré qu’un tel format était à développer au niveau du calendrier des épreuves mondiales, donc on peut penser que la Fédération Internationale ira dans cette voie. Mais chaque chose en son temps. Avant de penser à l’avenir, on va maintenant se concentrer sur le Grand Prix 2024 ».

Car c’est le présent, ou presque, avec un début de la compétition dans 5 semaines à Fréjus. Le TC Liévin, régulièrement à la lutte avec Poissy (et quelques autres), va-t-il à nouveau nous faire vibrer et décrocher son premier titre cette année ?

Eric Cattiaux